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Comment parler à un enfant du problème de santé mentale d'un proche


Journal Entre Nous, Novembre-Décembre 2003
Comment parler à un enfant du problème de santé mentale d'un proche

Lorsque la personne atteinte d’un problème de santé mentale est le père, la mère, le frère ou la soeur d’un enfant en bas âge, il est souvent difficile pour l’entourage d’expliquer à l’enfant ce qui se passe et de répondre à ses questions. Quoi dire, quoi ne pas dire, comment le dire?

Certaines personnes seront portées à cacher la vérité aux enfants, soit parce qu’elles craignent qu’ils ne puissent pas comprendre la situation soit, par souci de leur épargner cette nouvelle réalité. Par contre, il ne faut pas sous-estimer la compréhension des jeunes enfants. Ils ne peuvent peut-être pas comprendre toute l’ampleur et l’étendue du problème, mais ils sentent sans aucun doute que quelque chose se passe. En effet, ils ont probablement remarqué que la personne qu’ils aiment a changé. Les enfants ressentent très bien les tensions et les émotions vécues par les membres de leur entourage, les vôtres, entres autres. Tout comme vous, il peut être difficile pour eux de bien saisir ce qui se passe s’ils n’ont pas les informations pertinentes leur expliquant la situation. Comment arriveront-ils à avoir une compréhension juste si personne ne les éclaire?

Il est important de leur expliquer dans un langage clair et simple ce qui se passe et ce que vit la personne atteinte. Tentez de comprendre d’où viennent leurs inquiétudes. Vous n’êtes pas obligés d’expliquer la situation de long en large, l’enfant ne comprendra pas de toute façon. C’est pourquoi, il est important de connaître les questions qu’il se pose et de cerner ce qu’il a besoin de savoir. Essayez d’imager vos explications, ce sera alors plus facile pour l’enfant de faire des liens.

Par exemple, pour expliquer à votre enfant de six ans qu’un de ses parents souffre de dépression, vous pouvez dire: «Te souviens-tu quand Max (le chien) est décédé? Tu as eu beaucoup de peine. Tu ne voulais plus voir tes amis, ni manger. Parfois papa se sent ainsi. Il a de la peine, il n’a pas le goût de manger et il dort beaucoup. Tu sais que c’est notre cerveau qui nous permet de faire tout ce que l’on fait, comme lever un doigt, rire ou pleurer. Eh bien, chez papa, les commandes de son cerveau ne fonctionnent pas toujours bien, papa doit alors prendre des médicaments tous les jours pour être plus heureux et avoir le goût de manger, etc. Papa s’occupe moins de toi à cause de cette grande peine en lui, mais il t’aime beaucoup... Dis-moi, qu’as-tu compris de ce que je t’ai dit?»

Une des bonnes raisons pour ne pas cacher la vérité à l’enfant est qu’il aura un jour ou l’autre à faire face soit à des préjugés, soit à des questions de la part de son entourage concernant les comportements de la personne atteinte. Il est donc important de bien l’outiller pour qu’il puisse éventuellement bien vivre la situation. Ainsi, il se sentira moins mal à l’aise face au questionnement des autres. Par le fait même, il pourra expliquer la situation à sa façon, selon la compréhension qu’il en aura.

À l’exemple de la dépression du père, l’enfant pourra maintenant répondre à son professeur: «Mon père a de la peine comme lorsque j’ai perdu mon chien. Il prend des pilules qui vont l’aider à sourire. Il doit parler avec un monsieur qui va l’aider à ne plus avoir de la peine».

Une autre raison de donner des explications à un enfant, c’est que sans information, il se fera son propre scénario en s’impliquant personnellement en tant que cause du problème. Il se donnera ses propres réponses qui risquent fort d’être fausses. Exemple: «Mon père est malade parce que j’ai été méchant avec lui l’autre jour. Il ne m’aime plus. C’est pour ça qu’il pleure tout le temps et qu’il reste dans sa chambre».

Comportements à éviter

  • Créer une ambiance de secret où l’enfant n’est pas impliqué, en chuchotant devant lui ou en cessant de parler lorsqu’il entre dans la pièce.
  • Mentir en lui donnant de fausses explications.
  • Évitez de parler de la situation devant l’enfant. Exemple: «retourne te coucher mon chéri, tout va bien», tandis que le père pleure à chaudes larmes et crie.
  • Lui dire qu’il est trop jeune pour comprendre.
  • Changer de sujet lorsqu’il en parle.
  • Éviter qu’il soit en présence de son proche.

Comportements à adopter

  • Lui expliquer régulièrement ce qui se passe. Par exemple: «Ta maman va dormir à l’hôpital quelques jours pour que le médecin la soigne». «Ta maman revient de l’hôpital aujourd’hui, mais elle devra se reposer et continuer de se soigner».
  • Lui dire ce qui va se passer. Par exemple, si l’état de la personne atteinte se détériore et que vous anticipez une hospitalisation, avertir l’enfant que son proche partira peut-être quelque temps pour se faire soigner. Dites-lui où il ira durant ce temps et qui s’occupera de lui.
  • Répondre simplement aux questions de l’enfant et avec des mots qu’il comprend. Utilisez des images ou des situations qu’il a déjà vécues pour qu’il puisse faire des rapprochements (comme dans l’exemple du père dépressif).
  • Lui donner des tâches précises pour aider son proche afin d’éviter qu’il se sente impuissant. Il peut, par exemple, lui apporter un verre d’eau ou aider à préparer le repas.
  • Expliquer les sautes d’humeur de la personne atteinte, ainsi vous éviterez que l’enfant se sente coupable. Exemple: «Ton grand frère n’est pas fâché à cause de toi, c’est simplement qu’il ne va pas bien à cause de sa maladie et cela le rend moins patient ces temps-ci».
  • Favoriser les contacts entre l’enfant et la personne atteinte. Par contre, tentez de faire un retour avec l’enfant sur ce qui s’est dit. Il a peut-être des questions en lien avec ce que la personne atteinte lui a communiqué (ses peurs, ses angoisses, ses hallucinations, etc.).
  • Lorsqu’il pose des questions pour lesquelles vous n’avez pas de réponse, lui avouer simplement votre ignorance.
  • Finalement, tentez de garder le sujet ouvert, pour que l’enfant sente qu’il peut s’exprimer, poser des questions.

En terminant, dites-vous que l’enfant vit, comme vous, une situation difficile par rapport à son proche atteint d’un problème de santé mentale. Si vous avec de la difficulté à en discuter avec l’enfant et si vous sentez qu’il est très affecté par ce qu’il vit, vous pouvez aviser son professeur et demander que l’enfant puisse rencontrer un éducateur spécialisé, un psycho-éducateur ou un psychologue (tout dépendant des services offerts à l’école), afin qu’il puisse parler de la situation avec lui.

En développant un réseau de soutien pour votre enfant, vous lui donnez l’occasion d’avoir une aide à l’extérieur de la maison. Un endroit où il lui sera permis de dire tout ce qu’il pense, sans avoir peur de vous blesser ou de vous déplaire.

Source :
Catherine Day et Martin Bellerose. LE MOT À MAUX.

La loi sur la protection des personnes


Journal Entre Nous, Septembre-Octobre 2003
La Loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui

  • Qu’est-ce que la garde en établissement?

La garde en établissement est une mesure d’exception utilisée pour assurer la protection d’une personne dont l’état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui.

Ainsi, la garde en établissement permet de garder une personne contre sa volonté dans un établissement afin d’assurer sa sécurité ou celle d’autrui, dans la mesure où la garde est autorisée par le tribunal. Le tribunal qui peut autoriser la garde en établissement est la Cour du Québec.

Il faut noter que ces règles s’appliquent à partir du refus de la personne ou si elle est inapte, à partir de son opposition soit de se soumettre à une évaluation psychiatrique pour déterminer la nécessité ou non d’une garde ou soit à une garde autorisée par la loi à la suite d’une évaluation psychiatrique. Cela veut donc dire que si la personne consent à se soumettre à une évaluation psychiatrique ou à une garde faisant suite à cette évaluation, ces règles juridiques ne s’appliquent pas.

Soulignons également que la garde en établissement ne signifie pas le traitement de la personne. Elle autorise au plus l’établissement à soumettre la personne à des soins de garde, c’est-à-dire à une surveillance, au contrôle physique et à une observation professionnelle parce que l’état mental de cette personne est jugé dangereux pour elle-même ou pour autrui. En ce sens, la personne mise sous garde ne pourra pas quitter l’établissement tant que l’on estimera que sa garde est nécessaire.

  • Qu’est-ce qui peut conduire une personne à être mise sous garde en établissement?

Le seul motif qui permet à la famille ou aux membres de l’entourage de demander pour un de ses proches une garde en établissement est que son état mental présente un danger pour lui-même ou pour autrui; c’est ce que l’on nomme la «dangerosité».

  • Sur quels critères se base-t-on pour déterminer la dangerosité d’une personne?

La loi ne définit pas ce qu’est la dangerosité, mais elle précise deux niveaux de dangerosité, soit:

1) un danger pour la personne elle-même ou pour autrui, qui peut conduire à une garde provisoire. La garde provisoire est la garde autorisée par le tribunal afin de soumettre une personne à une évaluation psychiatrique pour déterminer si elle est dangereuse en raison de son état mental;

ou

2) un danger grave et immédiat qui peut conduire à une garde préventive. La garde préventive est une mesure exceptionnelle qui permet à un établissement de garder une personne contre son gré, c’est-à-dire sans son consentement, et sans l’autorisation du tribunal, pour une période d’au plus 72 heures si l’état mental de cette personne présente un danger grave et immédiat.

Au départ, dans le cas de la garde préventive, la dangerosité est une question de faits qui est laissée au jugement d’un intervenant d’un service d’aide en situation de crise ou d’un policier. Si, selon leur jugement, l’état mental de la personne présente un danger grave et immédiat, elle sera amenée dans un établissement où un médecin (un urgentologue, par exemple) pourra la mettre sous garde préventive. Par la suite, la dangerosité sera déterminée par l’évaluation psychiatrique. Il est à noter que, durant cette période de 72 heures, on doit obtenir le consentement de la personne pour la soumettre à une évaluation psychiatrique, sinon l’établissement devra obtenir l’autorisation du tribunal.

Le second niveau de dangerosité, soit le danger grave et immédiat, représente une situation d’urgence. Cette situation nécessite une intervention rapide pour soustraire la personne à un danger pour sa vie ou son intégrité, ou pour la vie ou l’intégrité d’autrui.

Par exemple, un de vos proches a un plan suicidaire précis et tous ses comportements et gestes indiquent qu’il est sur le point de passer à l’acte, ou encore, un de vos proches est intoxiqué et il a des hallucinations qui le poussent à être violent envers lui-même (auto-mutilation) et à briser des objets; il devient aussi très menaçant pour vous, il vous bouscule, etc.

Ces exemples ne sont que des illustrations possibles de la notion de danger grave et immédiat. Chaque situation est un cas particulier et sera jugée selon les circonstances qui l’entourent.

  • Comment procède-t-on pour obtenir une autorisation du tribunal afin de soumettre à une évaluation psychiatrique une personne qui la refuse ou s’y oppose?

La demande d’évaluation psychiatrique (garde provisoire) est nécessaire lorsqu’une personne refuse de se soumettre à un tel examen et que le professionnel de la santé a des motifs sérieux de croire que son état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui.

Nous présentons brièvement la démarche judiciaire qu’il faut entreprendre dans cette situation:

  • La demande doit être présentée à la Cour du Québec sous forme de requête.
  • Dans la requête, il faut prouver, par des faits récents et des comportements observables (menaces de suicide, désorganisation, violence et menace envers autrui, etc.), que l’état mental réel et actuel de la personne est dangereux pour elle-même ou pour autrui.
  • La personne qui présente la requête doit attester sous serment qu’elle a une connaissance personnelle de ces faits et qu’ils sont vrais.
  • Elle doit aussi informer la personne qui en fait l’objet que la requête doit être présentée dans les 24 heures, à moins que le juge de la Cour du Québec ne lui ait accordé une exemption.
  • À la suite de l’audition de la requête, si le juge est convaincu de la preuve, il rendra un jugement qui ordonnera l’évaluation psychiatrique et il désignera l’établissement où la personne sera amenée. Ce jugement pourra être exécuté par un policier. Il sera remis au Tribunal administratif du Québec puisque ce tribunal peut réviser en tout temps le maintien de la garde ou de toute décision concernant une personne sous garde.
Source :
Guide pratique sur les droits en santé mentale: Réponse aux questions des familles et des membres de l’entourage de la personne ayant des problèmes de santé mentale, MSSS, 1999, 106 p.

Développer des attentes réalistes


Journal Entre Nous, Juillet-Août 2003
Développer des attentes réalistes

Quand les familles songent à l’avenir de la personne schizophrène avec qui elles vivent ou entretiennent des contacts réguliers, des sentiments douloureux sont ressentis à un moment ou l’autre. L’avenir ne se dessine pas comme celui qu’elles avaient souhaité pour leur proche schizophrène. Judith Viorst (auteure du livre Les renoncements nécessaires) nous invite à parcourir le chemin de la vie avec les deuils, les pertes et les renoncements nécessaires. Elle ajoute aussi que «le début de la sagesse et du changement prometteur, c’est peut-être la prise de conscience des chemins qu’ont pris nos réactions au renoncement pour donner forme à notre vie». Au jour le jour, les familles souffrent d’être déçues dans leurs attentes face à la personne malade. Elles expriment leurs angoisses de toutes les manières:

«C’est dur ... vous savez!»

«Ça m’angoisse de voir qu’elle passe encore une partie de la nuit debout. Je me serais attendu que, après son retour de l’hôpital, elle ait repris un rythme de vie normal.»

«Je me sens coupable de sa maladie et du fait qu’il ne se mariera peut-être jamais.»

«Ça me choque de voir qu’il ne fait rien pour se trouver du travail. Comment va-t-il faire pour gagner sa vie?»

«J’ai peur de ce qu’il adviendra d’elle. Qui s’en occupera quand je ne serai plus là?»

La schizophrénie, on le sait, est une maladie sévère, qui dure longtemps, au point que, généralement, il n’y a pas de guérison complète. Mais il y a plusieurs autres maladies qui sont fréquentes, sévères et durent longtemps, comme le diabète et les maladies cardiaques. Il y a aussi des gens qui sont atteints de paralysie, des gens sourds ou aveugles, etc. Bref, il y a beaucoup de personnes malades chroniquement et de familles (de ces personnes) qui sont déçues dans leurs attentes face à l’avenir:
  • la personne cardiaque qui ne peut plus faire ses travaux de ferme parce qu’elle devient trop essoufflée;
  • la personne paralysée suite à un accident d’auto qui voit sa vie complètement bouleversée;
  • l’étudiant qui perd la vue, etc.

Dans toutes ces situations, l’avenir doit se redessiner de façon différente de ce qui avait été espéré et prévu. Prendre conscience de ses rêves brisés, s’adapter à une nouvelle réalité, n’est-ce pas effectuer le changement prometteur?

Une maladie mentale comme la schizophrénie entraîne une situation de vie qui oblige les parents à réviser leurs attentes, à développer des attentes réalistes, à effectuer les renoncements nécessaires.

Il est vraiment important de développer des attentes réalistes. C’est important pour la personne schizophrène, car les attentes se traduisent dans les relations avec elle. La stimulation qui est fournie est alors positive et raisonnable, on évite la sur-stimulation, on a moins tendance à critiquer ou à sur- investir.

Les attentes réalistes sont également importantes pour le mieux-être des membres de la famille. En effet, les attentes déçues réveillent les sentiments de tristesse, d’angoisse, de frustration, de colère. À ceux-là s’ajoutent les sentiments d’échecs, de manque de confiance en soi, de perte d’estime de soi.

À ce stade-ci, la question se pose à savoir s’il vaut mieux ne pas avoir d’attentes que de faire l’effort de développer des attentes réalistes. Il est important d’avoir des attentes. La personne schizophrène tire avantage d’une stimulation raisonnable de la famille, à l’intérieur d’attentes réalistes. C’est même indispensable à sa réadaptation. Avoir des attentes réalistes est aussi important pour la famille, car l’espoir est essentiel et pleinement justifié. La personne schizophrène fait des progrès et les percevoir est très réconfortant.

En bref, l’absence d’attentes et les attentes excessives et irréalistes sont deux extrêmes à éviter. Ils sont néfastes autant pour la personne schizophrène que pour sa famille.

Développer des attentes réalistes n’est cependant pas facile. En effet, les capacités et les limites de la personne malade ne sont pas faciles à cerner. C’est évidemment plus facile à évaluer quand les limites sont physiques:

  • le malade cardiaque qui s’essouffle à l’effort sait quand il doit limiter son travail physique;
  • la personne en fauteuil roulant sait qu’elle ne pourra pas faire de gros travaux de construction.
Quand il s’agit de schizophrénie, on ne sait pas toujours quand une attente est réaliste ou non. Le niveau de fonctionnement (ou de handicap) peut être variable dans le temps.

Les membres des familles, tout comme les personnes schizophrènes elles-mêmes d’ailleurs, sont encouragés à comparer les comportements actuels à ce qu’ils étaient un mois, deux mois ou un an plus tôt. Il est inutile que le malade se compare à d’autres membres de la famille.

L’amélioration des personnes schizophrènes est souvent lente et cette façon de mesurer le succès prévient les découragements et tous les sentiments d’insatisfaction dont nous avons parlé.

En fait, comme préalable aux attentes réalistes, il doit y avoir un certain deuil des espoirs nourris pendant de nombreuses années. Et c’est souvent cette étape qui est difficile, surtout lorsqu’il y a une méconnaissance de la maladie, ce qui est trop souvent le cas. À partir du moment où les familles connaissent de façon plus précise les possibilités réelles de la personne malade, il devient alors plus «facile» d’effectuer le deuil, le «renoncement nécessaire».

Source :

Profamille, Programme psycho-éducatif à l’intention des familles de personnes atteintes de schizophrénie, 1991.

Pour mieux vivre avec un proche souffrant de maladie mentale


Journal Entre Nous, Mai-Juin 2003
Pour mieux vivre avec un proche souffrant de maladie mentale

Voici quelques conseils pratiques permettant à chacun de mieux vivre avec la maladie mentale d’un membre de la famille.

  • Soyez constant.
Dans votre façon de négocier votre vie familiale, essayez d’être constant dans vos demandes à la personne atteinte, et dans la mesure du possible, maintenez-les.
  • Un environnement simple, structuré, non complexe est un environnement moins stressant pour la personne atteinte.

Ces personnes sont anxieuses et très vulnérables au stress. Si possible, proposez à la personne un mode de vie où elle peut prévoir facilement ce qui l’attend, où elle peut bénéficier d’une certaine sécurité quotidienne.

  • Accentuez le positif.

Comme avec quiconque, des commentaires critiques continus sont à éviter. La personne atteinte de maladie mentale est particulièrement sensible aux commentaires négatifs, qui attaquent son estime de soi déjà si fragile.

  • Intimité.

Les membres de la famille doivent continuer à jouir de leur intimité, de leurs relations sociales ou autres intérêts extérieurs à la famille. La famille ne doit pas vivre dans un état d’angoisse permanent, comme si la personne atteinte avait le contrôle de ce qui allait se produire. Les proches et la personne atteinte doivent discuter de cette situation.

  • Les comportements qui causent problème comme le manque d’hygiène, les argumentations constantes, l’agressivité de la  personne atteinte, peuvent être diminués de façon graduelle.

Il est suggéré:

  1. d’identifier le comportement qui cause le plus de problèmes;
  1. de proposer à la personne des manières de le contrôler;
  1. de prévoir une «punition» si la personne refuse de collaborer;
  1. de demeurer ferme à ce sujet, pour que la personne apprenne (ou ré-apprenne) à vivre avec les conséquences de ses actes.

Des limites doivent être clairement identifiées chez les comportements de la personne, afin de clarifier ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

  • Sortir et s’en sortir.

Tout en encourageant la personne atteinte à explorer ses possibilités, les proches doivent cependant lui laisser la liberté de choisir en quoi elle veut s’essayer.

Source :

Coping with a mentally ill family member, Agnès Hatfield. Tiré du journal Bulletin, Éclusier du Haut-Richelieu, été 2001.

Devenir son meilleur ami


Journal Entre Nous, Mars - Avril 2003
Devenir son meilleur ami

Une des façons les plus courantes et, par ailleurs, des plus néfastes, par lesquelles les personnes contribuent à augmenter le niveau de stress dans leur quotidien, se situe dans leurs verbalisations intérieures.

On a tous une «petite voix intérieure» qui, à la manière d’un commentateur de radio, porte sans cesse des jugements et des commentaires sur ce qu’on dit, ce qu’on fait, ce qu’on pense ou projette, etc. Si on pouvait écouter la petite voix de chacun, on entendrait probablement un tas de commentaires négatifs.

À vrai dire, on est habituellement le pire juge de soi-même. Ainsi, on n’hésite pas à se traiter de «stupide», «niaiseux», «gêné», «bon à rien», «exigeant», paresseux», etc. On a tous notre liste. Si on a subi un échec ou fait une erreur, on se le rappelle régulièrement et on s’adresse des reproches répétés. L’habitude de se traiter de façon critique et sévère entraîne à la longue une pauvre image de soi et nourrit des sentiments d’insécurité, de peur et d’impuissance.

Il est important que chacun réalise que sa démarche d’apprendre à maîtriser son stress implique d’abord le développement d’attitudes positives et saines face à soi-même. Chacun doit apprendre à agir avec soi-même comme on agirait avec son enfant, c’est-à-dire de façon encourageante, supportante, chaleureuse ...

Il est bien important d’apprendre à écouter cette petite voix intérieure et de prendre conscience de la nature des messages qu’elle transmet. Est-ce qu’elle aide, encourage, complimente, réconforte, ou plutôt, est-ce que cette petite voix dévalorise, injurie, bouscule, menace, etc.? Beaucoup ont probablement été programmés à se traiter négativement. On a donc besoin d’apprendre à devenir son meilleur ami.

Être son meilleur ami, c’est agir avec soi-même comme on agirait avec son ami préféré. C’est prendre soin de soi et se faire du bien à travers mille et une activités. En voici quelques exemples, et libre à vous d’en ajouter:

Faire des activités qui me plaisent;

Tenir compte de mes intérêts;

Me dire à moi-même des choses agréables;

Faire attention à ma santé physique et mentale;

Ne pas me mépriser ou me juger sévèrement quand je fais des erreurs;

Ne pas m’obliger à être parfait;

Me trouver important et aimable pour moi-même;

Découvrir mes talents, mes habiletés, mes qualités, mes points forts;

Écouter mes besoins et les satisfaire dans la mesure du possible;

Chanter, siffler, sourire pour soi-même;

Éviter de parler constamment de mes échecs, de mes défauts et parler davantage de mes aptitudes, mes qualités, mes ressources;

Me faire plaisir en me payant des «petites douceurs».

Source :
Boisvert et Beaudry (1979), Adapté de Le stress au féminin, Union culturelle des Franco-Ontariennes

Pensez un peu plus à vous


Journal Entre Nous, Janvier - Février 2003
Pensez un peu plus à vous

Souvent, nous passons d'une activité à une autre, sans nous accorder la moindre parenthèse. Pourtant il faut savoir dire "Stop" ! Car profiter de la vie, c'est aussi se faire plaisir ! Pourquoi est-il important de couper les ponts de temps en temps ? Comment prendre enfin soin de soi ?

Nous avons parfois l’impression que la vie passe trop vite, qu’elle nous échappe, et que nous n’en profitons pas assez. Or, ne pas passer à côté de sa vie, c’est avant tout ne pas passer à côté de soi-même ! Pour que notre quotidien conserve sa saveur, il nous faut prendre soin de soi-même, s’écouter un peu...

Difficile d’avoir une minute à soi…

Notre société ne nous encourage guère à "décrocher" pour nous tourner vers nous-même. Elle nous assaille de bruits, de décisions à prendre, de travail et de pressions en tout genre. Elle parvient même à nous convaincre qu’il ne peut pas en être autrement.

De plus, prendre soin de soi est en général assimilé à l’égoïsme. Or, si l’égoïsme est un enfermement sur soi, s’occuper de soi-même témoigne, tout au contraire, d’une attitude intérieure d’ouverture, à soi comme à ce qui nous entoure. Si l’on est capable d’attention, d’écoute, de respect, de force de caractère et de sens des responsabilités vis-à-vis de soi-même, on en est aussi capable vis-à-vis des autres…


S’occuper de soi, c’est aussi bon pour les autres !

Cultiver le respect de soi, c’est la base du respect que l’on porte aux autres. Prendre soin de soi-même rejaillit de façon positive sur tout notre entourage :

En prenant en charge nos propres besoins, nous cessons d’attendre que les autres y pourvoient. Les autres ne sont en effet pas responsables de nos besoins et de nos attentes;

En refusant de nous laisser happer par le monde extérieur, en respectant nos besoins et notre rythme propre, toute une partie étouffée de nous-même reprend ses droits, en particulier les dimensions affectives, intuitives, créatrices. Sans ces aspects, notre relation au monde devient mécanique, stéréotypée et sans beaucoup de saveur. S’accorder un peu d’attention nous rapproche de notre équilibre intérieur, ce qui profite à nos proches et nous rend moins vulnérables aux aléas de la vie.

L’engouement actuel pour les lieux où l’on est censé se ressourcer traduit bien le besoin de nombreuses personnes de se dégager du tourbillon de leurs habitudes.

Mais faire une retraite spirituelle n’est pas le seul moyen de retrouver le calme intérieur et prendre soin de soi. Cela peut se vivre plus simplement, au quotidien.

Prendre soin de soi, comment ?

Besoin de solitude ? De présence affectueuse ? D’évasion ? De nature ? D’activités physiques ? De repos ? De fête ? Besoin de ne rien faire, peut-être ? Quelle que soit la forme de "ce qui est bon pour vous", l’important, c’est d’y prêter attention :

Mettez-vous à l’écoute de vos besoins physiques, psychiques et affectifs. Cela permet de faire le point et de sentir ce qui serait bon pour vous…

Sachez dire "stop" aux sollicitations extérieures;

Accordez-vous des pauses, des espaces vacants. Placer ces "entractes" en tête de liste de vos priorités…

Programmez-les et notez-les sur votre agenda au même titre que vos autres rendez-vous ;

Gardez en mémoire les objectifs que vous vous étiez fixés car il est rarement possible de satisfaire nos besoins dans l’instant. Dès que possible, il faut se donner les moyens de les satisfaire et de les intégrer à votre vie.

Ces bonnes résolutions ne sont pas toujours faciles à tenir mais avec un peu de volonté et de discipline, on en retire très vite un bien-être fou. Alors n’hésitez pas à prendre plus souvent soin de vous !

Source :
Dominique Pir, www.doctissimo.fr

Pensez un peu plus à vous