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Lorsque la personne atteinte d’un problème de santé mentale est le père, la mère, le frère ou la soeur d’un enfant en bas âge, il est souvent difficile pour l’entourage d’expliquer à l’enfant ce qui se passe et de répondre à ses questions. Quoi dire, quoi ne pas dire, comment le dire? Certaines personnes seront portées à cacher la vérité aux enfants, soit parce qu’elles craignent qu’ils ne puissent pas comprendre la situation soit, par souci de leur épargner cette nouvelle réalité. Par contre, il ne faut pas sous-estimer la compréhension des jeunes enfants. Ils ne peuvent peut-être pas comprendre toute l’ampleur et l’étendue du problème, mais ils sentent sans aucun doute que quelque chose se passe. En effet, ils ont probablement remarqué que la personne qu’ils aiment a changé. Les enfants ressentent très bien les tensions et les émotions vécues par les membres de leur entourage, les vôtres, entres autres. Tout comme vous, il peut être difficile pour eux de bien saisir ce qui se passe s’ils n’ont pas les informations pertinentes leur expliquant la situation. Comment arriveront-ils à avoir une compréhension juste si personne ne les éclaire? Il est important de leur expliquer dans un langage clair et simple ce qui se passe et ce que vit la personne atteinte. Tentez de comprendre d’où viennent leurs inquiétudes. Vous n’êtes pas obligés d’expliquer la situation de long en large, l’enfant ne comprendra pas de toute façon. C’est pourquoi, il est important de connaître les questions qu’il se pose et de cerner ce qu’il a besoin de savoir. Essayez d’imager vos explications, ce sera alors plus facile pour l’enfant de faire des liens. Par exemple, pour expliquer à votre enfant de six ans qu’un de ses parents souffre de dépression, vous pouvez dire: «Te souviens-tu quand Max (le chien) est décédé? Tu as eu beaucoup de peine. Tu ne voulais plus voir tes amis, ni manger. Parfois papa se sent ainsi. Il a de la peine, il n’a pas le goût de manger et il dort beaucoup. Tu sais que c’est notre cerveau qui nous permet de faire tout ce que l’on fait, comme lever un doigt, rire ou pleurer. Eh bien, chez papa, les commandes de son cerveau ne fonctionnent pas toujours bien, papa doit alors prendre des médicaments tous les jours pour être plus heureux et avoir le goût de manger, etc. Papa s’occupe moins de toi à cause de cette grande peine en lui, mais il t’aime beaucoup... Dis-moi, qu’as-tu compris de ce que je t’ai dit?» Une des bonnes raisons pour ne pas cacher la vérité à l’enfant est qu’il aura un jour ou l’autre à faire face soit à des préjugés, soit à des questions de la part de son entourage concernant les comportements de la personne atteinte. Il est donc important de bien l’outiller pour qu’il puisse éventuellement bien vivre la situation. Ainsi, il se sentira moins mal à l’aise face au questionnement des autres. Par le fait même, il pourra expliquer la situation à sa façon, selon la compréhension qu’il en aura. À l’exemple de la dépression du père, l’enfant pourra maintenant répondre à son professeur: «Mon père a de la peine comme lorsque j’ai perdu mon chien. Il prend des pilules qui vont l’aider à sourire. Il doit parler avec un monsieur qui va l’aider à ne plus avoir de la peine». Une autre raison de donner des explications à un enfant, c’est que sans information, il se fera son propre scénario en s’impliquant personnellement en tant que cause du problème. Il se donnera ses propres réponses qui risquent fort d’être fausses. Exemple: «Mon père est malade parce que j’ai été méchant avec lui l’autre jour. Il ne m’aime plus. C’est pour ça qu’il pleure tout le temps et qu’il reste dans sa chambre». Comportements à éviter
Comportements à adopter
En terminant, dites-vous que l’enfant vit, comme vous, une situation difficile par rapport à son proche atteint d’un problème de santé mentale. Si vous avec de la difficulté à en discuter avec l’enfant et si vous sentez qu’il est très affecté par ce qu’il vit, vous pouvez aviser son professeur et demander que l’enfant puisse rencontrer un éducateur spécialisé, un psycho-éducateur ou un psychologue (tout dépendant des services offerts à l’école), afin qu’il puisse parler de la situation avec lui. En développant un réseau de soutien pour votre enfant, vous lui donnez l’occasion d’avoir une aide à l’extérieur de la maison. Un endroit où il lui sera permis de dire tout ce qu’il pense, sans avoir peur de vous blesser ou de vous déplaire. Source :
La garde en établissement est une mesure d’exception utilisée pour assurer la protection d’une personne dont l’état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui. Ainsi, la garde en établissement permet de garder une personne contre sa volonté dans un établissement afin d’assurer sa sécurité ou celle d’autrui, dans la mesure où la garde est autorisée par le tribunal. Le tribunal qui peut autoriser la garde en établissement est la Cour du Québec. Il faut noter que ces règles s’appliquent à partir du refus de la personne ou si elle est inapte, à partir de son opposition soit de se soumettre à une évaluation psychiatrique pour déterminer la nécessité ou non d’une garde ou soit à une garde autorisée par la loi à la suite d’une évaluation psychiatrique. Cela veut donc dire que si la personne consent à se soumettre à une évaluation psychiatrique ou à une garde faisant suite à cette évaluation, ces règles juridiques ne s’appliquent pas. Soulignons également que la garde en établissement ne signifie pas le traitement de la personne. Elle autorise au plus l’établissement à soumettre la personne à des soins de garde, c’est-à-dire à une surveillance, au contrôle physique et à une observation professionnelle parce que l’état mental de cette personne est jugé dangereux pour elle-même ou pour autrui. En ce sens, la personne mise sous garde ne pourra pas quitter l’établissement tant que l’on estimera que sa garde est nécessaire.
Le seul motif qui permet à la famille ou aux membres de l’entourage de demander pour un de ses proches une garde en établissement est que son état mental présente un danger pour lui-même ou pour autrui; c’est ce que l’on nomme la «dangerosité».
La loi ne définit pas ce qu’est la dangerosité, mais elle précise deux niveaux de dangerosité, soit:
ou
Au départ, dans le cas de la garde préventive, la dangerosité est une question de faits qui est laissée au jugement d’un intervenant d’un service d’aide en situation de crise ou d’un policier. Si, selon leur jugement, l’état mental de la personne présente un danger grave et immédiat, elle sera amenée dans un établissement où un médecin (un urgentologue, par exemple) pourra la mettre sous garde préventive. Par la suite, la dangerosité sera déterminée par l’évaluation psychiatrique. Il est à noter que, durant cette période de 72 heures, on doit obtenir le consentement de la personne pour la soumettre à une évaluation psychiatrique, sinon l’établissement devra obtenir l’autorisation du tribunal. Le second niveau de dangerosité, soit le danger grave et immédiat, représente une situation d’urgence. Cette situation nécessite une intervention rapide pour soustraire la personne à un danger pour sa vie ou son intégrité, ou pour la vie ou l’intégrité d’autrui. Par exemple, un de vos proches a un plan suicidaire précis et tous ses comportements et gestes indiquent qu’il est sur le point de passer à l’acte, ou encore, un de vos proches est intoxiqué et il a des hallucinations qui le poussent à être violent envers lui-même (auto-mutilation) et à briser des objets; il devient aussi très menaçant pour vous, il vous bouscule, etc. Ces exemples ne sont que des illustrations possibles de la notion de danger grave et immédiat. Chaque situation est un cas particulier et sera jugée selon les circonstances qui l’entourent.
La demande d’évaluation psychiatrique (garde provisoire) est nécessaire lorsqu’une personne refuse de se soumettre à un tel examen et que le professionnel de la santé a des motifs sérieux de croire que son état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui. Nous présentons brièvement la démarche judiciaire qu’il faut entreprendre dans cette situation:
Source :
Guide pratique sur les droits en santé mentale: Réponse aux questions des familles et des membres de l’entourage de la personne ayant des problèmes de santé mentale, MSSS, 1999, 106 p.
Quand les familles songent à l’avenir de la personne schizophrène avec qui elles vivent ou entretiennent des contacts réguliers, des sentiments douloureux sont ressentis à un moment ou l’autre. L’avenir ne se dessine pas comme celui qu’elles avaient souhaité pour leur proche schizophrène. Judith Viorst (auteure du livre Les renoncements nécessaires) nous invite à parcourir le chemin de la vie avec les deuils, les pertes et les renoncements nécessaires. Elle ajoute aussi que «le début de la sagesse et du changement prometteur, c’est peut-être la prise de conscience des chemins qu’ont pris nos réactions au renoncement pour donner forme à notre vie». Au jour le jour, les familles souffrent d’être déçues dans leurs attentes face à la personne malade. Elles expriment leurs angoisses de toutes les manières:
La schizophrénie, on le sait, est une maladie
sévère, qui dure longtemps, au point que,
généralement, il n’y a pas de guérison complète.
Mais il y a plusieurs autres maladies qui sont
fréquentes, sévères et durent longtemps, comme le
diabète et les maladies cardiaques. Il y a aussi des
gens qui sont atteints de paralysie, des gens sourds ou
aveugles, etc. Bref, il y a beaucoup de personnes malades
chroniquement et de familles (de ces personnes) qui sont
déçues dans leurs attentes face à l’avenir:
Dans toutes ces situations, l’avenir doit se redessiner de façon différente de ce qui avait été espéré et prévu. Prendre conscience de ses rêves brisés, s’adapter à une nouvelle réalité, n’est-ce pas effectuer le changement prometteur? Une maladie mentale comme la schizophrénie entraîne une situation de vie qui oblige les parents à réviser leurs attentes, à développer des attentes réalistes, à effectuer les renoncements nécessaires. Il est vraiment important de développer des attentes réalistes. C’est important pour la personne schizophrène, car les attentes se traduisent dans les relations avec elle. La stimulation qui est fournie est alors positive et raisonnable, on évite la sur-stimulation, on a moins tendance à critiquer ou à sur- investir. Les attentes réalistes sont également importantes pour le mieux-être des membres de la famille. En effet, les attentes déçues réveillent les sentiments de tristesse, d’angoisse, de frustration, de colère. À ceux-là s’ajoutent les sentiments d’échecs, de manque de confiance en soi, de perte d’estime de soi. À ce stade-ci, la question se pose à savoir s’il vaut mieux ne pas avoir d’attentes que de faire l’effort de développer des attentes réalistes. Il est important d’avoir des attentes. La personne schizophrène tire avantage d’une stimulation raisonnable de la famille, à l’intérieur d’attentes réalistes. C’est même indispensable à sa réadaptation. Avoir des attentes réalistes est aussi important pour la famille, car l’espoir est essentiel et pleinement justifié. La personne schizophrène fait des progrès et les percevoir est très réconfortant. En bref, l’absence d’attentes et les attentes excessives et irréalistes sont deux extrêmes à éviter. Ils sont néfastes autant pour la personne schizophrène que pour sa famille. Développer des attentes réalistes n’est cependant pas facile. En effet, les capacités et les limites de la personne malade ne sont pas faciles à cerner. C’est évidemment plus facile à évaluer quand les limites sont physiques:
Quand il s’agit de schizophrénie, on ne sait pas
toujours quand une attente est réaliste ou non. Le
niveau de fonctionnement (ou de handicap) peut être
variable dans le temps.
Les membres des familles, tout comme les personnes schizophrènes elles-mêmes d’ailleurs, sont encouragés à comparer les comportements actuels à ce qu’ils étaient un mois, deux mois ou un an plus tôt. Il est inutile que le malade se compare à d’autres membres de la famille. L’amélioration des personnes schizophrènes est souvent lente et cette façon de mesurer le succès prévient les découragements et tous les sentiments d’insatisfaction dont nous avons parlé. En fait, comme préalable aux attentes réalistes, il doit y avoir un certain deuil des espoirs nourris pendant de nombreuses années. Et c’est souvent cette étape qui est difficile, surtout lorsqu’il y a une méconnaissance de la maladie, ce qui est trop souvent le cas. À partir du moment où les familles connaissent de façon plus précise les possibilités réelles de la personne malade, il devient alors plus «facile» d’effectuer le deuil, le «renoncement nécessaire». Source : Profamille, Programme psycho-éducatif à
l’intention des familles de personnes atteintes de
schizophrénie, 1991.
Voici quelques conseils pratiques permettant à chacun de mieux vivre avec la maladie mentale d’un membre de la famille.
Dans votre façon de négocier votre vie familiale, essayez d’être constant dans vos demandes à la personne atteinte, et dans la mesure du possible, maintenez-les.
Source : Coping with a mentally ill family member, Agnès
Hatfield. Tiré du journal Bulletin, Éclusier du
Haut-Richelieu, été 2001.
Une des façons les plus courantes et, par ailleurs, des plus néfastes, par lesquelles les personnes contribuent à augmenter le niveau de stress dans leur quotidien, se situe dans leurs verbalisations intérieures. On a tous une «petite voix intérieure» qui, à la manière d’un commentateur de radio, porte sans cesse des jugements et des commentaires sur ce qu’on dit, ce qu’on fait, ce qu’on pense ou projette, etc. Si on pouvait écouter la petite voix de chacun, on entendrait probablement un tas de commentaires négatifs. À vrai dire, on est habituellement le pire juge de soi-même. Ainsi, on n’hésite pas à se traiter de «stupide», «niaiseux», «gêné», «bon à rien», «exigeant», paresseux», etc. On a tous notre liste. Si on a subi un échec ou fait une erreur, on se le rappelle régulièrement et on s’adresse des reproches répétés. L’habitude de se traiter de façon critique et sévère entraîne à la longue une pauvre image de soi et nourrit des sentiments d’insécurité, de peur et d’impuissance. Il est important que chacun réalise que sa démarche d’apprendre à maîtriser son stress implique d’abord le développement d’attitudes positives et saines face à soi-même. Chacun doit apprendre à agir avec soi-même comme on agirait avec son enfant, c’est-à-dire de façon encourageante, supportante, chaleureuse ... Il est bien important d’apprendre à écouter cette petite voix intérieure et de prendre conscience de la nature des messages qu’elle transmet. Est-ce qu’elle aide, encourage, complimente, réconforte, ou plutôt, est-ce que cette petite voix dévalorise, injurie, bouscule, menace, etc.? Beaucoup ont probablement été programmés à se traiter négativement. On a donc besoin d’apprendre à devenir son meilleur ami. Être son meilleur ami, c’est agir avec soi-même comme on agirait avec son ami préféré. C’est prendre soin de soi et se faire du bien à travers mille et une activités. En voici quelques exemples, et libre à vous d’en ajouter:
Source :
Souvent, nous passons d'une activité à une autre, sans nous accorder la moindre parenthèse. Pourtant il faut savoir dire "Stop" ! Car profiter de la vie, c'est aussi se faire plaisir ! Pourquoi est-il important de couper les ponts de temps en temps ? Comment prendre enfin soin de soi ? Nous avons parfois l’impression que la vie passe trop vite, qu’elle nous échappe, et que nous n’en profitons pas assez. Or, ne pas passer à côté de sa vie, c’est avant tout ne pas passer à côté de soi-même ! Pour que notre quotidien conserve sa saveur, il nous faut prendre soin de soi-même, s’écouter un peu... Difficile d’avoir une minute à soi… Notre société ne nous encourage guère à "décrocher" pour nous tourner vers nous-même. Elle nous assaille de bruits, de décisions à prendre, de travail et de pressions en tout genre. Elle parvient même à nous convaincre qu’il ne peut pas en être autrement. De plus, prendre soin de soi est en général assimilé à l’égoïsme. Or, si l’égoïsme est un enfermement sur soi, s’occuper de soi-même témoigne, tout au contraire, d’une attitude intérieure d’ouverture, à soi comme à ce qui nous entoure. Si l’on est capable d’attention, d’écoute, de respect, de force de caractère et de sens des responsabilités vis-à-vis de soi-même, on en est aussi capable vis-à-vis des autres…
Cultiver le respect de soi, c’est la base du respect que l’on porte aux autres. Prendre soin de soi-même rejaillit de façon positive sur tout notre entourage :
L’engouement actuel pour les lieux où l’on est censé se ressourcer traduit bien le besoin de nombreuses personnes de se dégager du tourbillon de leurs habitudes. Mais faire une retraite spirituelle n’est pas le seul moyen de retrouver le calme intérieur et prendre soin de soi. Cela peut se vivre plus simplement, au quotidien. Prendre soin de soi, comment ? Besoin de solitude ? De présence affectueuse ? D’évasion ? De nature ? D’activités physiques ? De repos ? De fête ? Besoin de ne rien faire, peut-être ? Quelle que soit la forme de "ce qui est bon pour vous", l’important, c’est d’y prêter attention :
Ces bonnes résolutions ne sont pas toujours faciles à tenir mais avec un peu de volonté et de discipline, on en retire très vite un bien-être fou. Alors n’hésitez pas à prendre plus souvent soin de vous ! Source : |
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