 Journal
Entre Nous, Novembre-Décembre 2007
Réagir sainement à la culpabilité
L’une
des émotions les plus difficiles à maîtriser est la culpabilité. Qui
n’a jamais ressenti de la culpabilité? Celle-ci s’installe
sournoisement. Me sentir coupable, c’est d’être insatisfait de moi ou
de juger mon comportement inacceptable à mes propres yeux, car il ne
correspond pas à mes valeurs ou à ce que ma conscience me dicte. On
entend la petite cassette dans notre tête qui nous suggère d’être
généreux, courageux, dévoué, patient, tout cela sans condition.
Souvent,
nous nous sentons coupables parce que nous avons été impatients, nous
nous sommes emportés facilement ou nous avons voulu un peu de temps
pour nous. La culpabilité représente un
fardeau intérieur, inutile, qui s’ajoute au fardeau de tâches déjà
lourd de l’aidant. Ce sentiment est normal, mais on doit trouver un
équilibre entre nos besoins et les besoins de l’autre. Il est
primordial que le proche aidant puisse se décharger du fardeau de la
culpabilité pour qu’il puisse se sentir bien avec lui-même et dans sa
relation avec l’aidé. Il est possible d’avoir du
pouvoir face à notre culpabilité tout en se respectant et en respectant
l’autre. Pour ce faire, nous vous proposons une réflexion personnelle
pour réagir sainement à la culpabilité: - Reconnaître
en moi ce sentiment et me disposer à le regarder de près.
- Trouver le comportement que j’ai fait ou omis de
faire et qui a donné naissance à la culpabilité.
- Trouver la ou les exigences ou les valeurs
enfreintes en faisant cela.
- Clarifier
ma position et agir en conséquence.
- Se demander si cette valeur est toujours valable, aujourd’hui
dans ma vie :
Si oui
: Cette valeur est toujours valable pour moi dans ma vie. Je vais me
culpabiliser chaque fois que je vais transgresser cette exigence pour
penser à moi ou répondre à mes besoins. Il m’appartient alors de
trouver la façon la plus confortable de répondre à mes besoins tout en
tenant compte de cette valeur. Si non
: Cette valeur n’est plus valable pour moi dans ma vie. Je
vais vivre comme je l’ai décidé, en accord avec moi-même et peu à peu
ma culpabilité pourra diminuer graduellement. Cependant, il faut
comprendre que la conscience a mis longtemps à se former, à influencer
nos choix de vie et qu’elle ne change pas automatiquement sans peine.
«Quand
on se culpabilise, on rumine…
Et
on mine sa santé et ses énergies! »
Source:
Être aidant, pas si évident: Guide de prévention de
l’épuisement pour les aidants naturels, Table de concertation
des organismes communautaires, secteur personnes aînées de Sherbrooke,
automne 2005, p.22-23.
 Journal
Entre Nous, Septembre-Octobre 2007
Schizophrénie et abus de substances
Des
études ont démontré que le risque de consommer de l’alcool ou des
substances illicites est trois fois plus grand chez les personnes
souffrant de schizophrénie que dans la population en général. Ce taux
est même encore plus élevé si de la nicotine et de la caféine sont
également consommées. Ces pratiques ont malheureusement un impact tant
sur le rétablissement des fonctions psychosociales de la personne que
sur l’évolution de sa maladie. L’abus de substances chez les
personnes souffrant de schizophrénie constitue un très sérieux problème
qui a comme conséquences d’engendrer une perturbation du fonctionnement
général de la personne, de fausser la perception qu’elle a de sa
maladie et de l’évolution de celle-ci, en plus de nuire à son adhésion
au traitement et à la compréhension des effets de la médication.
L’abus
de substances est spécifiquement lié à l’apparition précoce de la
maladie : des études ont démontré que la consommation de marijuana
(cannabis, haschisch) dès l’âge de 15 ans, comporte un risque six fois
plus grand de développer un trouble psychotique. Une étude réalisée en
Suède a fait état d’un historique d’abus de substances ayant débuté
avant l’apparition de la maladie chez 48 % des personnes souffrant de
schizophrénie. Les trois substances les plus répandues qui ont fait
l’objet de cette étude sont toutes facilement accessibles: l’alcool, le
cannabis et les psychostimulants (speed). Ces
substances ont un impact significatif sur l’évolution de la maladie et
sur le taux de rechutes, et génèrent une faible réponse au traitement.
Les
risques biologiques L’abus
de substances constitue un facteur de risques biologiques parce que
cela perturbe la chimie du cerveau et affecte la circulation de la
dopamine et de la sérotonine. L’abus de substances cause des
changements qui peuvent être permanents, notamment dans la partie du
cerveau où est situé le centre du plaisir. Les
études ont démontré que les personnes souffrant de schizophrénie, qui
font un abus de drogues, présentent un risque six fois plus grand
d’abandonner leur médication et, en conséquence, de vivre un plus grand
nombre d’hospitalisations, d’être plus portées à faire des tentatives
de suicide et d’avoir un pronostic de rétablissement plus faible.
La
consommation de substances illicites amène de plus une cascade de
complications d’ordre médical qui ont un impact sur les soins cliniques
et sont la cause de problèmes de santé importants. La consommation
d’alcool est souvent à l’origine de dommages à divers organes, tels des
gastrites, une hypertrophie du coeur, des atteintes au système nerveux
central, une intoxication du foie. L’usage de la marijuana et autres
substances illicites cause de plus des maladies respiratoires,
bronchites et cancers, des malaises cardiaques dont une accélération
des battements du coeur, et des problèmes de fertilité. Le métabolisme
des médicaments est de plus augmenté chez les fumeurs qui peuvent alors
avoir besoin d’une plus forte dose de médicaments. L’usage de l’alcool
et d’autres substances stimule les enzymes du foie, des protéines qui
décomposent l’alcool. Lorsqu’elles augmentent, elles peuvent aussi
annihiler les effets de la médication, un effet pervers qui peut durer
plusieurs jours et provoquer le retour des symptômes psychotiques.
On
sous-estime trop souvent le fait que la marijuana offerte aujourd’hui
est bien différente de « l’herbe » de l’époque des hippies ! La
marijuana d’aujourd’hui contient une myriade d’additifs synthétiques,
des fertilisants, des traces de métaux, des pesticides et des hormones
végétales qui sont inhalés et absorbés par l’organisme. On ne connaît
pas encore totalement les effets à long terme que comporte l’usage de
ces produits très concentrés. Bien que la relation entre
l’apparition de la schizophrénie et l’abus de substances soit complexe,
il est évident que l’usage précoce de drogues illicites peut précipiter
l’émergence d’un épisode de psychose comportant des symptômes positifs
et des symptômes négatifs. Les opinions sont partagées
quant à savoir si l’apparition de la maladie est l’aboutissement d’une
préalable vulnérabilité biologique ou si les personnes
s’automédicamentent pour masquer les premières manifestations d’un
trouble psychotique. Chez les spécialistes, l’automédication est
toutefois majoritairement perçue comme étant une vaine tentative pour
soulager les pénibles symptômes qui accompagnent l’apparition de la
maladie, tant les symptômes cognitifs, positifs et négatifs que les
symptômes de retrait social et de repliement sur soi. Des études ont
démontré que l’abus de cannabis augmente non seulement les risques de
développer une psychose mais également, les symptômes de dépression et
d’anxiété. La présence de ces derniers symptômes peut alors retarder le
diagnostic ou faire en sorte qu’il soit moins évident de prime abord,
rendre le traitement plus difficile, en diminuer l’efficacité et
nécessiter des médications additionnelles comme des antidépresseurs. De
la même manière, les personnes qui font une consommation excessive
d’alcool doivent être hospitalisées plus souvent et pour des périodes
plus longues et, à long terme, elles ont un pronostic général moins
bon. On sait malheureusement que l’usage de cannabis est souvent une
porte ouverte vers la consommation d’autres drogues. Pourquoi
les personnes souffrant de schizophrénie consomment
Plusieurs
personnes ont avoué avoir fait usage de drogues pour soulager les
sentiments de dépression, le traumatisme psychologique et le
découragement associés au fait de devenir malade. Les patients avancent
diverses raisons pour expliquer pourquoi ils consomment ou abusent de
drogues illicites. Une justification fréquemment invoquée est qu’ils
considèrent socialement plus acceptable d’être
classés comme utilisateurs de drogues ou même carrément comme
«drogués», que d’être identifiés comme personnes atteintes de maladie
mentale. Certains expliquent que la consommation de drogues illicites
les aide à se sentir « normaux » et à fonctionner en société. D’autres
justifient leur consommation de drogues en affirmant qu’ils en ont
besoin pour atténuer les symptômes négatifs de la maladie dont ils
souffrent ou pour contrer les effets secondaires de leur médication.
Des patients qui souffrent de dysphorie (le contraire de l’euphorie,
donc des tendances et des attitudes dépressives) ou d’agitation, suite
à la prise d’antipsychotiques, sont quatre fois plus portés à abuser de
substances. De la même manière, des patients affirment qu’ils
consomment de l’alcool et des stimulants pour lutter contre les
symptômes négatifs de la schizophrénie. Des
choix cruciaux Confrontés à l’importance de
prendre leurs médicaments conformément à l’ordonnance qui leur a été
remise par leur médecin et de s’abstenir de consommer des substances
illicites, des patients vont malheureusement trop souvent faire le
mauvais choix et cesser de prendre leurs médicaments. Le développement
d’une forme de partenariat et de responsabilités partagées doit
s’établir entre le patient et les membres de son équipe de soins pour
que leurs interventions soient efficaces. Au fur et à mesure que la
relation évolue, il devient souvent plus facile de tenter de diminuer
les dommages causés par la consommation de drogues, notamment en
proposant de réduire la fréquence d’usage de la substance en cause ou
de substituer à cette substance, une autre substance qui serait moins
dommageable, tout en cherchant à renforcer les motivations personnelles
du patient pour qu’il en vienne à abandonner la consommation.
L’abstinence
est l’idéal à atteindre et pour y arriver, il faut de la patience, du
support ainsi qu’une éducation appropriée portant sur les dangers que
comporte un usage continu de substances et sur les conséquences
potentielles que peut avoir un usage prolongé sur les plans médical et
psychiatrique. Le traitement de l’abus de substances repose sur une
approche intégrée qui doit être à la fois flexible et faite de
collaboration. Les patients doivent être informés des risques auxquels
ils s’exposent s’ils ne changent pas leur mode de vie ainsi que des
conséquences à long terme qui s’ensuivront, en comparaison avec les
avantages qu’ils auraient à cesser toute consommation de substances.
La
capacité d’accepter le traitement peut prendre des mois sinon des
années. Toutefois, bon nombre de patients s’y soumettent et des
recherches se poursuivent pour trouver des façons de raffiner les
approches et d’améliorer le taux de succès. L’impact
de l’abus de substances sur la personne atteinte et sa famille
Sur
la personne: - Augmentation des symptômes de
la maladie mentale, provoquant possiblement un épisode de manie ou de
psychose.
- Apparition plus précoce de la maladie.
- Difficultés pour l’établissement du diagnostic et du plan de
traitement.
- Besoin de médicaments additionnels.
- Moins bonne efficacité des antipsychotiques.
- Risque
accru de suicide.
- Augmentation du risque de
pauvreté ou d’itinérance.
- Augmentation du risque
d’activités illégales et d’incarcérations (sentences d’emprisonnement).
- Risque accru de comportement violent et de violence familiale.
- Risque accru de victimisation.
- Augmentation
du risque de chômage et d’instabilité.
- Perte des
systèmes de soutien.
- Augmentation des niveaux de
stress.
- Sentiments de honte et de culpabilité.
- Augmentation des
problèmes de santé physique (risque accru de contracter des maladies,
telles que l’hépatite ou le VIH/SIDA, par le partage de seringues ou
par des relations sexuelles non protégées).
Sur
les membres de sa famille - Augmentation des conflits
familiaux et de la tension, suscitant ainsi une augmentation des
niveaux de confusion, de mauvaise communication et de méfiance. Les
efforts de soutien de la part de la famille peuvent alors s’effriter.
- Niveaux de stress accrus.
- Sentiments de
honte, de culpabilité et de blâme.
- Sentiments de
colère ou de frustration.
- Tendance à être déprimé
et sentiment d’inutilité.
Source: La schizophrénie: Comprendre et
aider, Société québécoise de la schizophrénie, 2006, p.44-47.
 
Journal Entre Nous, Juillet-Août 2007 Partenaires
pour la vie Daniel Williams, ingénieur en
informatique de Portland en Oregon, était rompu à la résolution
quotidienne de problèmes complexes. Toutefois, lorsque Julie, son
épouse, fut diagnostiquée en 2001 d’un désordre bipolaire, il n’a su
que faire et s’est trouvé démuni. Julie est aux prises avec toutes
sortes d’humeurs qui peuvent être décrites de deux manières :
Parfois, elle devient tellement irritable qu’il lui arrive de crier des
obscénités à Daniel. Au contraire, il lui arrive à d’autres
moments d’être tellement déprimée qu’elle parvient difficilement à
sortir de son lit. «C’était très difficile» se
souvient-il. «La maladie mentale ne faisait pas
partie de la liste des problèmes que je m’étais imaginé pouvoir
rencontrer durant mon mariage». Les
comportements erratiques d’une personne aux prises avec un épisode
maniaque ou un épisode dépressif sont susceptibles d’ébranler un
mariage jusque dans ses fondations. Le diagnostic d’un trouble mental
sévère et persistant est parfois suffisant pour effrayer le conjoint
bien portant. Naturellement, nous savons qu’aucun engagement
à long terme, en l’occurrence un mariage, n’implique la facilité. Il
suffit de se rappeler qu’aux États-Unis et au Canada, au moins 40% de
tous les mariages échouent. Toutefois, les statistiques concernant les
mariages à l’intérieur desquels au moins un des deux époux doit
composer avec un désordre de type bipolaire sont effarantes. En effet,
un article intitulé «Gérer les désordres bipolaires» tiré
du magazine Psychology Today, nous apprend
qu’environ 90 % de ceux-ci se terminent par un divorce.
Malgré
ces données alarmantes, notre magazine s’est entretenu avec plusieurs
couples qui parviennent à composer avec la présence de la maladie
bipolaire dans leur quotidien. Ils admettent tous que leur couple a
rencontré des écueils mais qu’avec de l’aide professionnelle, de
l’amour et une acceptation de la maladie, celui-ci ne s’est non
seulement pas effondré, mais est parvenu à tirer des épreuves
rencontrées une solidité nouvelle et une force de renouvellement.
À
titre d’exemple, Daniel, au cœur de la cacophonie et de la confusion
suscitées par les humeurs changeantes de son épouse Julie, a pris une
importante décision qui a contribué, selon lui, à sauver ce qui est
maintenant une histoire d’amour qui dure depuis 24 années. Au lieu de
voir sa relation avec Julie comme «une chose de laquelle je
devrai apprendre à me détacher», il a décidé de
considérer l’énergie qu’il y engage au quotidien comme «un
investissement qui en vaut la peine». Lorsque les
premiers symptômes de la maladie mentale commencent à faire surface, la
plupart des époux sont pris au dépourvu. Ils se sentent confus et ont
l’impression d’être irrésistiblement entraînés vers une sorte de
chaos. «J’avais peur de ne plus jamais revoir l’homme
de qui j’étais tombée amoureuse» nous confie Laurie Wildman
de San Antonio au Texas, dont le mari fut hospitalisé pour un épisode
bipolaire en 1998. Lorsque la sympathie
ne suffit plus David A. Karp, qui est
professeur de sociologie à l’université de Boston, nous apprend que, à
la suite d’un diagnostic psychiatrique, l’époux de la personne atteinte
réagit habituellement en ressentant de la sympathie. «Toutefois,»
écrit-il,«plus tard dans le processus, le conjoint
est davantage susceptible de ressentir des émotions qu’il se sent
coupable d’éprouver comme de la colère, de la frustration et même de la
haine». D’ailleurs, pour le Dr. Karp,
prendre soin d’une personne atteinte d’une maladie mentale peut être
plus exigeant que de prendre soin d’une personne atteinte d’un
cancer. En effet, lorsqu’un conjoint pose un geste d’entraide
envers son partenaire qui est atteint d’une maladie purement physique,
ce dernier ressent et exprime habituellement de la gratitude.
Toutefois, les personnes atteintes d’un désordre psychiatrique de type
bipolaire ont tendance à nier le diagnostic, sont plus susceptibles de
refuser la médication et peuvent parfois percevoir le conjoint comme un
ennemi. Laurie se rappelle avec
tristesse le jour où son mari, persuadé qu’il pouvait contrôler les
éclairs par la seule force de sa pensé, s’est mis en colère contre elle
parce qu’elle avait choisi de le faire hospitaliser. «Pendant
un certain nombre de jours,» se souvient-elle, «il
ira jusqu’à refuser de me voir». Le Dr.
Karp maintient que si le conjoint de la personne malade est en mesure
de passer au travers ces moments de tensions et de turbulence, il ou
elle finira par atteindre l’horizon d’une certaine acceptation. Ces
émotions difficiles à vivre s’adouciront pour laisser place à de
l’amour et à de la compassion. Il est entendu que ce genre de
transformation affective s’associe à une redéfinition des attentes et à
une relecture de la vie à deux. Pour
certains couples, ceci peut vouloir dire accepter de devoir vivre avec
un budget réduit, ne pas s’offrir de vacances annuelles ou encore
choisir de ne pas s’engager dans un projet familial. Pour
d’autres, ceci peut vouloir dire qu’une large partie des
responsabilités liées à la vie quotidienne incombera au conjoint bien
portant. Épuisée par la double charge de
prendre soin de ses enfants et de son mari malade, Laurie avoue aspirer
au jour où «quelqu’un prendra soin de moi au lieu que ce soit
toujours l’inverse». Elle a appris à accepter que sa vie ne
ressemblera jamais à ce qu’elle s’était jadis imaginée. «Tu
dois simplement accepter qu’il s’agit d’une perte» affirme-t-elle.
«Ce qui ne veut pas dire que je ne peux pas avoir une bonne
vie, même si elle ne ressemble pas à l’idée que je m’en étais faite au
départ». Partager la
responsabilité Les couples qui semblent avoir
le plus de succès portent la croyance que le conjoint aux prises avec
le désordre bipolaire partage également la responsabilité du bien-être
du couple. La plupart des gens endossent l’idée que les désordres de
type bipolaire sont de nature purement biologique. Dans un
tel cas, le partenaire bien portant tend à se demander si le conjoint
malade a un quelconque contrôle sur ses comportements ou s’il possède
réellement une prise et une responsabilité sur son propre mieux-être.
D’après
le Dr. Karp, la réponse est «oui» dans les deux
cas. Bien qu’il soit indéniable qu’une personne aux prises avec un
épisode aigu de manie ou de dépression cesse temporairement de pouvoir
s’aider elle-même, il est important qu’elle demeure autonome pendant
les périodes de mieux-être. Lorsqu’un des deux conjoints est
atteint d’un désordre bipolaire et que la relation se termine par une
séparation, c’est souvent parce que le conjoint bien portant sent qu’il
a fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider l’autre dans sa
démarche vers le mieux-être. Il sent qu’il a offert au conjoint malade
un amour inconditionnel, a pris pour lui les rendez-vous de
consultation et a géré la médication sans pour autant que la santé
mentale de celui-ci ne s’améliore. «À partir du moment»,
nous rappelle le Dr. Karp qui souffre lui-même de dépressions
récurrentes «où la maladie bipolaire est une affectation dont
une partie de la cause est de nature biomédicale, on ne peut pas
laisser la personne atteinte complètement à elle-même. Il est entendu
qu’on ne peut pas exiger d’une personne profondément malade de se
relever par elle-même. Toutefois, dans les périodes de mieux-être, ces
personnes doivent à leur conjoint bien portant de faire tout ce qui est
en leur pouvoir pour s’aider elles-mêmes». Ceci
peut s’actualiser dans quelque chose d’aussi simple que l’engagement à
prendre ses médicaments d’une façon régulière, travailler régulièrement
et manger sainement. Le Dr. Karp indique qu’en cas contraire, le
conjoint bien portant peut finir par s’épuiser «si n’est présent aucun
effort de réciprocité». Julie avance que c’est facile
pour elle de «devenir très égocentrique» lorsqu’elle
est aux prises avec un épisode maniaque ou un épisode dépressif. À un
certain moment, Daniel a ressenti le besoin de la placer au pied du
mur pour lui dire: «C’est important que tu te
réveilles et que tu recommences à porter attention à ce qui se passe ici».
Julie a vécu ce moment comme «une véritable sonnette
d’alarme». «C’est difficile au début de réaliser que je lui fais du
mal. Toutefois, ça m’a permis de prendre conscience que je
porte une responsabilité, non uniquement envers moi-même, mais
aussi envers lui et envers notre relation». L’Ontarien
Mark Karppinen, qui vit avec un trouble bipolaire, s’inquiète parfois
du fardeau que sa maladie fait porter à Jody, sa conjointe depuis un
an. Prendre soin de moi, avance-t-il, est l’équivalent d’un
investissement dans mon mariage. «Je ne bois pas, je ne
fume pas et je ne consomme pas de drogues» nous dit-il tout
en avouant avoir été dans le passé, en contact avec chacune de ces
substances. «Je fais de l’exercice régulièrement, je fais
attention à ce que je mange et j’étudie fort. Je ne fais pas
tout ceci uniquement pour moi-même. Je pense aussi à Jody en le
faisant. Je ne veux pas qu’elle finisse par penser que je ne travaille
pas d’arrache-pied pour rester bien et en santé». Penser
à demain Plutôt que de craindre les
lendemains qui déchantent, les couples qui ont plus de succès semblent
capitaliser sur les périodes de bien-être en préparation des périodes
de crises et de plus grandes difficultés. À titre d’exemple, nous
savons qu’une personne sous l’emprise d’un épisode de manie peut
facilement en venir à vider le compte conjoint. Sous le coup de
l’impulsion, cette personne peut placer sa famille dans une position
délicate, la laissant sans argent pour l’épicerie ou encore
incapable de rembourser les paiements de l’hypothèque. Ces
couples suggèrent d’ouvrir les comptes au seul nom du conjoint bien
portant et de ne permettre qu’à ce dernier d’effectuer les
transactions. Quelques couples suggèrent même d’offrir des droit légaux
de contrôle financier au conjoint bien portant, spécialement pour les
périodes où le conjoint malade éprouve des difficultés. Il est
de plus recommandé aux conjoints de rédiger ensemble une liste de
symptômes décrivant les épisodes de manie et de dépression.
De cette manière, ils peuvent se mettre d’accord sur le nombre de
symptômes qui justifient une demande d’aide professionnelle. Cette
approche permet de baliser les émotions si ultérieurement le conjoint
malade refuse de l’aide. Les conjoints bien portants
deviennent très bons pour déceler chez l’autre les symptômes de la
maladie. Il arrive souvent qu’ils peuvent convaincre la personne malade
de demander de l’aide avant que l’épisode dépressif ou que l’épisode
maniaque entre dans une phase aiguë. Le Dr. Karp avance qu’il
peut être utile de co-définir une sorte de carte routière, de chemin à
suivre, pour le jour où un épisode maniaque ou dépressif montrera le
bout du nez. «Ceci permet de baliser et même de contourner
certaines émotions comme la culpabilité ou la colère qui accompagnent
souvent les décisions délicates comme celle de faire hospitaliser son
conjoint» dit-il. «Cette planification donne du
pouvoir aux deux partenaires du couple». Fardeaux
et frontières Plusieurs conjoints bien
portants sont le théâtre d’une lutte intérieure entre leur désir d’être
à la hauteur de leur engagement à aider leur conjoint malade et leur
crainte d’être entraînés malgré eux par la secousse secondaire
engendrée par le passage du vent torrentiel de la manie ou de la
dépression. Lorsque la personne est dans une phase aiguë de la maladie,
il peut devenir nécessaire pour le conjoint bien portant de conduire
l’autre à ses rendez-vous chez le médecin, de s’assurer qu’il ou
qu’elle prend ses médicaments, parfois même d’être à l’affût de sa
sécurité. Mentionnons que cette tâche se rajoute souvent aux tâches
quotidiennes telles que les soins donnés aux enfants et les paiements
de factures. Il arrive parfois que la
qualité de la relation entre le donneur de soins et les autres membres
de la famille en vienne à se détériorer. Les donneurs de soins, les
aidants naturels, peuvent sentir que leurs propres besoins sont mis de
côté et oubliés. Ils peuvent sentir qu’ils mettent en péril leur propre
santé. À ce sujet, voici le témoignage
de Laury : «Il m’arrive de me sentir à la fois
apeurée et surchargée. Entre les choses à faire au quotidien et mes
intérêts personnels, j’ai eu à tout mettre de côté pour m’occuper de
mon mari aux prises avec un épisode maniaque ou dépressif. Ce
fut parfois très difficile». Le Dr.
Karp nous rappelle que les conjoints doivent apprendre à tracer une
ligne de démarcation claire, frontière qu’ils ou qu’elles ne peuvent
dépasser au risque d’ouvrir la porte à un processus d’effritement de
leur propre santé. Toutefois, il est à prévoir que cette ligne de
démarcation ne saurait être fixée une fois pour toutes car «le
vent imprévisible de la santé mentale aura tôt fait de passer et de
l’effacer». En définitive, nous dit le Dr. Karp, «les
conjoints doivent apprendre à redessiner constamment les frontières».
De
plus, souligne-t-il, les conjoints doivent apprendre à faire des
actions qui sont émotionnellement contre-intuitives. Le retrait est une
de ces actions. C’est peut-être dur, mais c’est sain. Les
conjoints bien portants, nous dit-il, doivent apprendre à prendre soin
d’eux avant de prendre soin de l’autre. À
titre d’exemple, nous avons Laurie, qui a dû faire un retour à l’école
par elle-même en se passant du support moral de Doug, son mari. En
colère, Doug a décidé qu’il ne serait pas présent à la collation des
grades de sa conjointe. «J’étais déterminée à
ne laisser personne ruiner cette journée. Elle m’appartenait et je
refusais qu’on me l’enlève sous prétexte que mon mari est malade. En
bout de ligne, il est venu à ma collation et je n’en l’aime que plus,» nous
raconte Laurie. Présentement, elle travaille à
l’obtention d’une maîtrise. «C’est important pour
moi de sentir que ma vie marche dans la direction de l’épanouissement
et ce, même lorsque mon mari est malade». Source: Traduction de Partners for life. Article
paru dans le magazine Bp Canada, Winter 2007, p.31-33. Traduction de
Philippe Blouin, Psychologue.

Journal
Entre Nous, Mai-Juin 2007 Le bonheur
volontaire Le
bonheur, nous aimerions tous le trouver. Pourtant, bizarrement, il
semble ne venir que par pointillés… Pourrait-on le faire répondre
présent plus souvent ? Le
bonheur spontané Le
sentiment de bonheur survient spontanément dans notre vie de temps à
autre. Ces moments où il se présente sont des temps de grande joie, de
grands événements. La naissance d’un enfant, une réussite
professionnelle, artistique, une fête entre amis, des retrouvailles…
Chacun aimerait alors retenir ce bonheur le plus longtemps possible.
Mais il est impossible de provoquer à volonté de tels événements ou de
les multiplier. Alors, quelles pistes suivre pour cultiver ce sentiment
de bonheur ? L’une d’entre elles est très
simple. Le bonheur vient la plupart du temps d’un contexte positif, le
malheur, d’un contexte négatif. Et entre les deux ? N’y a-t-il rien ?
Est-ce un no man’s land ? Oui, et c’est justement dans cet espace que
peut se glisser la culture du bonheur. Le
bonheur provoqué Quand
vous avez mal quelque part, vous souffrez. Et quand vous n’avez mal
nulle part, vous ne souffrez pas. Êtes-vous heureux pour autant ? Non.
Quand vous ne souffrez pas, vous ne pensez pas que vous pourriez
souffrir et que vous avez de la chance de ne rien ressentir de
douloureux. C’est là que vous pouvez décider de changer: il s’agit
d’apprendre à apprécier l’absence de douleur, l’absence de malheur,
pour réaliser que c’est déjà un petit bonheur en soi. Cela ne se
conquiert pas en un jour par la seule décision. Mais si, petit à petit,
vous pouvez arriver à penser : « J’ai de la chance d’être en bonne
santé », « J’ai de la chance de pouvoir marcher quand je vois quelqu’un
en fauteuil roulant », « J’ai du temps libre aujourd’hui alors que
d’autres galèrent » ou encore « Il fait beau alors que je suis en congé
»…, vous allez chercher une toute petite pousse de bonheur et vous lui
permettez de croître. Vous allez alors, petit à petit, augmenter cette
capacité à apprécier les choses de votre vie et à créer du bonheur à
partir de ce que vous vivez au jour le jour et non plus seulement dans
les grands moments. C’est tout simplement ce que
font les grands sages ! Sans prétendre réussir à faire aussi bien
qu’eux, un petit pas dans cette direction sera toujours positif…
Source
: www.e-sante.be

Journal
Entre Nous, Mars-Avril 2007 Vivre avec un
malade Vivre
avec un malade, cela peut mobiliser une partie importante de son
énergie. Il faut contrôler les symptômes, surveiller la condition du
malade, prévenir les problèmes, gérer les crises, tenir compte des
régimes alimentaires, se débrouiller avec les limitations physiques du
malade, favoriser le processus de réhabilitation et mettre de l'énergie
à faire face au risque d'isolement. Face à ce défi, certaines
personnes réagiront en fuyant, d'autres s'impliqueront à des degrés
divers auprès du malade. Voyons quelques suggestions qui aideront ceux
qui souhaitent s'impliquer à le faire de façon optimale. Encouragez
l'adhésion au traitement Le traitement est souvent
complexe. Plus il fait intrusion dans la vie du patient et plus il dure
longtemps, plus l'adhésion au traitement sera problématique.
L'entourage se retrouve souvent avec une partie du fardeau de devoir
motiver le malade, de lui rappeler 1) l'existence du problème, 2)
l'importance du problème, 3) l'existence de solutions et 4) la capacité
qu'il a de contribuer à son propre bien-être. Faites
de votre mieux: ne vous demandez pas l'impossible
Donnez-vous d'abord un
rôle réaliste. Vous ne pouvez pas avoir un contrôle absolu sur le
comportement du malade et il lui revient éventuellement la
responsabilité de faire les choix qui augmentent les chances qu'il
puisse mener une vie agréable. Vous ne pouvez que faire votre effort,
pas le sien. Rappelez-vous que vous n'êtes pas responsable des choses
sur lesquelles vous n'avez pas de contrôle. Vous n'avez donc pas à vous
en sentir coupable. Vous pouvez faire tout ce qu'il est humainement
possible de vous demander et ne pas réussir pleinement à influencer le
comportement du malade. Si la condition du malade se détériore, ce
n'est pas nécessairement parce que vous n'avez pas fait ce qu'il
fallait faire. Rappelez-vous que vous avez fait de votre mieux, avec
vos ressources et vos connaissances, dans le contexte de votre vie.
Personne ne peut vous demander plus. Vous pouvez être fier de vos
efforts, même s'ils n'amènent pas les résultats que vous auriez
souhaités. Concentrez-vous
sur ce qui est possible plutôt que de courir après l'idéal. Renoncez à
vos désirs inaccessibles d'être un modèle de générosité, de
considération, de dignité, de courage et d'oubli de soi, renoncez à
votre désir d'être la mère parfaite, la fille parfaite, la soeur
parfaite, la bru parfaite, le conjoint parfait. Ne vous exigez pas de trouver
une solution rapide à tous les problèmes. Renoncez à vos exigences de
tout savoir, tout comprendre et tout prévoir. C'est impossible.
Contentez-vous d'être un être humain qui fait de son mieux pour en
aider un autre. Acceptez
l'aide des gens de votre entourage. Aménagez l'environnement afin de
vous faciliter la tâche. Recherchez
de l'information de qualité
Facilitez-lui l'accès à
l'information sur la maladie et le traitement. Mettez-le en contact
avec des malades plus expérimentés. Allez chercher de l'information de
qualité pour vous-même et pour le malade. Donnez
de l'information sur ce que vous vivez
Adoptez une approche
exempte de jugement et supportante. Il est très important de pouvoir
exprimer clairement et directement vos sentiments négatifs et votre
point de vue plutôt que de les déguiser en accusations et en jugements
absolus. Prenez
toutefois soin de le faire en parlant de vous-même et non en jugeant le
malade. Si vous lui dites: "Tu n'arrêtes pas de tricher. Tu es vraiment
un imbécile sans volonté!", il risque de se sentir accusé, blessé et de
se défendre, peut-être même d'exprimer son indépendance en trichant
encore plus. Vous aurez sans doute plus de chance d'être écouté si vous
dites plutôt: "Je me sens mal à l'aise quand tu manges sans te
préoccuper de ton régime. J'ai peur que ta santé en souffre. Je deviens
tendu lorsque j'imagine que tu pourrais devenir plus malade et que je
pourrais te perdre." Si
vous avez un sentiment négatif à exprimer, faites-le donc en parlant de
ce que vous vivez, de vos sentiments et de la situation précise qui est
reliée à ce sentiment. Dites
non Les aidants naturels se sentent
souvent à la merci du malade, incapables de lui refuser certains
services, même s'il s'agit de demandes exagérées. Les besoins et les
désirs du malade entrent souvent en conflit avec ceux du soignant. Ce
dernier est un être humain à part entière, avec ses droits et ses
besoins. Il peut être attentif à ce qu'exprime le malade et en tenir
compte sans devenir servile et soumis. Le maintien de son estime de
lui-même et de la qualité de la relation avec le malade en dépend.
Il n'y a pas de limite à
la tyrannie que peut devenir le rôle de soignant si vous renoncez à
votre capacité d'adopter un regard critique sur ce que vous avez à
faire. Vous
pouvez entre autres refuser de poser des gestes que vous considérez
nuisibles pour la santé du malade, tels qu'acheter ou préparer certains
aliments qu'il doit éviter. Parlez
de vos désirs et de vos souhaits
Il est certainement plus
constructif de dire à l'autre ce que vous souhaiteriez pour l'avenir
que de simplement vous plaindre de ce qui est arrivé dans le passé. En
général, le fait de manifester ses désirs sous forme de suggestions
rend plus facile de discuter vraiment du problème plutôt que de se
quereller sans entrevoir de solutions. Rappelons toutefois qu'il ne
s'agit pas de magie. Nous avons le droit de demander à quelqu'un de
changer de comportement et l'autre a le droit de refuser de le faire.
Rappelez-vous qu'il est le premier juge de ses comportements, de ses
idées et de ses émotions, tout comme vous l'êtes des vôtres. Il s'agit
d'augmenter vos chances qu'il collabore avec vous en lui donnant de
l'information de qualité sur ce que vous vivez. Rappelez-vous
votre but Votre but n'est pas seulement
de combattre la maladie. C'est aussi que vous ayez une vie aussi
satisfaisante que possible l'un auprès de l'autre. Établissez des priorités.
Rappelez-vous des valeurs qui vous amènent à prendre soin du malade.
Reprenez contact avec le sens de ce que vous vivez. Renoncez à rendre
le malade complètement et définitivement heureux. C'est impossible.
Tout comme avant d'être malade, il aura à affronter des frustrations et
des insatisfactions. Ses besoins ne peuvent pas être comblés
instantanément. Aidez le
malade à avoir des attentes réalistes
Vous pouvez faire de votre
mieux pour l'encourager à adhérer au traitement et à apprendre ce qu'il
faut apprendre pour prendre soin de lui-même. Aidez-le à avoir des
attentes réalistes et à être prêt à persévérer, même si les résultats
obtenus ne sont pas aussi satisfaisants qu'il le souhaiterait. Mettez
l'accent sur l'importance de persévérer dans ses efforts. Il s'agit
plus d'un marathon que d'un sprint. Il importe que vous trouviez tous
deux une façon de poursuivre vos efforts à long terme. Encouragez
la réflexion Ne vous affolez pas,
réfléchissez. Aidez le malade à réfléchir aux problèmes plutôt que
d'agir impulsivement. Prenez une distance émotionnelle des problèmes.
Regardez-les de plus loin. Comparez-vous à d'autres personnes dans la
même situation. Donnez-vous la permission de penser par vous-même. Vous
n'êtes pas obligé d'être toujours en accord avec le malade.
Servez d'exemple sous certains
aspects Vous pouvez choisir de lui
donner l'exemple en adoptant vous-même un régime de vie équilibré et un
régime alimentaire sain. N'allez toutefois pas jusqu'à vous obliger à
suivre un régime aussi sévère que le sien. Vous êtes deux personnes
différentes. Vous avez le droit à votre propre vie. Remarquez
ses succès Encouragez-le en soulignant ses
succès. Parlez-lui occasionnellement (pas nécessairement à chaque
repas) que vous appréciez les efforts qu'il fait et que vous appréciez
le fait que cela augmente les chances que vous ayez une longue vie
agréable ensemble. Amusez-vous
Contribuez à créer
occasionnellement une humeur joyeuse dans votre vie commune. Partagez
des activités agréables. Aidez-le à développer des activités qui
facilitent le respect de son régime de vie. Favorisez
le développement de son sentiment de responsabilité
Laissez le responsable de
la gestion de sa vie en lui mettant clairement les conséquences de
certains choix. Vous ne pouvez que faire votre partie. Laissez-lui la
responsabilité de faire la sienne. En cas de problèmes, recherchez sa
collaboration pour trouver ce qui pourrait aider à ce que cela se passe
mieux la prochaine fois. Apprenez
à vous connaître et à prendre soin de vous
Intéressez-vous à
vous-même. Soyez attentif à vos besoins. Traitez-vous comme vous
traiteriez un ami. Réservez-vous régulièrement du temps pour le repos
et les loisirs. Apprenez à reconnaître vos signaux d'alarme. Respectez
vos limites. Lorsque vous considérez avoir fait ce que vous pouviez
faire, donnez-vous la permission de détourner votre attention de la
maladie. Intéressez-vous à autre chose. Donnez-vous la permission de
vous retirer de l'environnement ou des contacts avec certaines
personnes, lorsque vous en ressentez le besoin. Apprenez à vous
détendre. Renoncez
à toujours contrôler vos sentiments, paraître heureux, calme et serein.
Vous êtes un être humain qui vit toute la gamme des sentiments.
Donnez-vous le droit d'être fatigué ou malade. Prenez du temps pour
vous-même. Même si le malade réclamait tout votre temps et devenait
temporairement triste et anxieux en votre absence, vous pourrez lui
être utile plus longtemps si vous prenez soin de vous. Evaluez régulièrement votre
intérêt, votre disponibilité et votre capacité d'aider. Exprimez vos
sentiments à un confident. Cela vous aidera à mieux comprendre ce qui
se passe en vous. Identifiez
les situations stressantes Sachez quand et où vous êtes le
plus susceptible d'avoir à fournir un effort et quand vous êtes le plus
susceptible de ne pas être à votre meilleur. Demandez alors l'aide de
l'entourage. Reposez-vous en prévision de cette difficulté à surmonter.
Source : Bruno Fortin, psychologue, www.geocities.com

Journal
Entre Nous, Janvier-Février 2007 Dossier
: Des réponses à vos questions sur l’aide sociale et la situation des
personnes atteintes de maladie mentale Le
5 décembre dernier, avait lieu la vingt-deuxième clinique offerte aux
membres de l’APPAMM-ESTRIE. Quinze
(15) personnes ont assisté à cette soirée, en compagnie de Mme
Marjolaine Poirier, conseillère au volet Solidarité sociale, à la
Direction régionale Estrie . Nous présentons ici un
résumé du contenu abordé lors de cette rencontre. Processus
de la demande de prestations - Demande
de prestations
- Accueil
- Évaluation de son employabilité - Référence
à Emploi-Québec
- Dossier
transféré à l'attribution initiale pour traitement de la demande
- Dossier transféré à un agent
OU
- Dossier fermé car la personne est
référée en emploi. Comment faire
une nouvelle demande? - Pour soumettre une demande
d’aide au Programme d’assistance-emploi, vous devez remplir le
formulaire Demande de prestations d’assistance-emploi,
que vous obtiendrez en vous présentant à votre centre local
d’emploi. Si vous ne pouvez vous déplacer, le formulaire vous
sera expédié par la poste.
- Vous devez joindre à votre
formulaire dûment rempli tous les documents nécessaires à l’évaluation
de votre demande:
- deux pièces d’identité, dont le
certificat de naissance de chaque membre de votre famille (si présence
de conjoint(e) et/ou enfants);
- documents servant à déterminer
vos revenus (talons de paie, preuve de cessation d’emploi, talons de
prestations d’assurance-emploi);
- bail, relevé de
taxes municipales ou autres documents pertinents;
- vos
livrets de banque ou de caisse à jour;
- d’autres documents peuvent vous
être demandés selon votre situation personnelle, familiale ou
financière.
Contraintes
temporaires à l’emploi Vous
pourriez obtenir l’allocation pour contraintes temporaires à
l’emploi si vous remplissez l’une ou l’autre des conditions
suivantes: - Votre
état physique ou mental vous empêche, pour une période d’au moins un
mois, de réaliser une activité liée à une démarche d’intégration ou de
réintégration à l’emploi (rapport médical requis).
- Vous êtes enceinte d’au moins
vingt semaines. Dans ce cas, l’allocation vous sera versée jusqu’à la
cinquième semaine après l’accouchement (rapport médical ou attestation
écrite d’une sage-femme requis).
- Vous avez un enfant à charge
qui a moins de 5 ans au dernier 30 septembre ou s’il a 5 ans au dernier
30 septembre et qu’aucune classe maternelle à temps plein n’est
disponible.
- Vous
gardez un enfant à charge et vous recevez une prestation pour enfant
handicapé de la Régie des rentes du Québec.
- Vous
avez 55 ans et plus (vous devez en faire la demande).
- Vous avez trouvé refuge dans
une maison d’hébergement pour victimes de violence; dans ce cas,
l’allocation vous est versée pendant au plus trois mois consécutifs à
compter de la date de votre admission.
- Vous procurez des soins
constants à une personne dont l’autonomie est réduite de façon
significative à cause de son état physique ou mental qui requiert des
soins constants.
- Vous
êtes responsable d’une ressource de type familial (ex.: famille
d’accueil) reconnue en vertu de la Loi sur les services de santé et les
services sociaux.
Contraintes
sévères à l’emploi L’allocation
pour contraintes sévères à l’emploi est déterminé
par un rapport médical qui atteste que l’état physique ou mental de la
personne est affecté de façon significative pour une durée permanente
ou indéfinie et que, pour cette raison et considérant les
caractéristiques socioprofessionnelles (bas niveau de scolarité, aucune
expérience de travail), il est démontré que la personne présente des
contraintes sévères à l’emploi. Carnet
réclamation (ou carnet médicaments)
Un
adulte seul présentant des contraintes sévères à l’emploi
qui intègre le marché du travail de façon autonome ou dans le cadre
d’un programme de l’Office des personnes handicapées (OPHQ) ou dans le
cadre d’un programme du Ministère, peut bénéficier du carnet de
réclamation (c’est-à-dire de médicaments gratuits) pendant un maximum
de 48 mois consécutifs après le début d’un travail, même s’il cesse
d’être admissible au programme d’assistance-emploi. Avoir
liquide et biens exclus Pour les
personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi,
certains biens et avoirs liquides (résidence, chalet, REER, legs, etc.)
sont exclus, jusqu’à concurrence: - D’une valeur globale de
130,000$, augmentée de 1000$ par année complète d’occupation à titre de
propriétaire d’une résidence.
*
À compter du 1er janvier 2007, l’exclusion de 130,000$ peut
s’appliquer à la valeur d’un legs (héritage) reçu au cours d’un mois où
la personne est prestataire ou détentrice du carnet de réclamation.
Contribution
parentale Le calcul de
la contribution parentale ne s’applique pas aux adultes ayant des
contraintes sévères à l’emploi. Est
considéré INDÉPENDANT de ses
parents et n’est pas réputé recevoir de contribution parentale l’adulte
qui: - a,
simultanément et pendant une période d’au moins 2
ans, subvenu à ses besoins et résidé
ailleurs que chez son père ou sa mère;
- a pendant au moins 2 ans occupé
un emploi à temps plein, ou reçu, pour un tel emploi, des prestations
d’assurance-emploi, d’assurance parentale, de la CSST, de la SAAQ ou
d’assurance-salaire, même s’il résidait chez son père ou sa mère;
- est ou a été lié par un mariage ou une union civile;
- vit maritalement
avec une autre personne, de sexe différent ou de même sexe et a
cohabité, à un moment donné, avec celle-ci pendant une période d’au
moins un an;
- a ou a eu un enfant à sa charge;
- détient un diplôme universitaire de
premier cycle;
- est enceinte
depuis au moins 20 semaines;
- est un adulte orphelin
de père et de mère;
- a cessé, pendant au
moins sept ans, d’être aux études à temps plein.
Rédaction:
Annie Goudreau |